La liberté vestimentaire n’est pas illimitée. On doit respecter les codes et les règles de sécurité qui s’appliquent dans son entreprise, sauf à risquer un licenciement pour faute grave.

Peut-on venir au travail en short et en sandales pour mieux supporter la canicule ? Tout dépend du poste et de l’employeur.

Comme en tout domaine, la liberté – ici vestimentaire – peut avoir certaines bornes.

D’une façon générale, dans l’entreprise, les restrictions aux « libertés individuelles et collectives » doivent être « justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché » (article L. 1121-1 du Code du travail).

En application de ce texte, le refus de se conformer aux directives de l’employeur en matière vestimentaire est susceptible de constituer une faute grave justifiant un licenciement. Les entreprises peuvent aussi prononcer des sanctions disciplinaires moins importantes, comme un blâme.

Des règles non-écrites

Dans certains secteurs d’activité ou entreprises, l’habillement des salariés relève seulement de codes, de règles non-écrites : aucun texte (par exemple le règlement intérieur ou une note de la direction) ne les rappelle.

Toutefois, si on déroge à ces règles tacites en raison de la canicule, l’employeur pourra demander à son salarié de changer de vêtements. Dans ce cas, on doit respecter cette consigne.

Si les supérieurs imposent un uniforme particulier (par exemple pour un poste de serveur, de maître d’hôtel ou d’hôtesse), on doit continuer à le porter malgré les fortes températures.

Même principe si l’employeur exige une tenue stricte en permanence. Pour la Cour de cassation, le licenciement d’une secrétaire venue au travail en survêtement est justifié puisqu’elle était en contact avec les clients de son agence immobilière (Chambre sociale, 6 novembre 2001, pourvoi n° 99.43.988).

Les dispositifs de protection

De même, si on exerce une activité qui nécessite le port d’équipements de protection, on doit les conserver : tenue spécifique, gants, lunettes ou chaussures de travail, etc. C’et la sécurité du salarié qui est en jeu.

Si pour cette même raison, on doit porter un pantalon ou des chaussures fermées personnels, il faut se plier à cette exigence. Par exemple, la Cour de cassation a validé le licenciement d’un salarié qui s’était présenté plusieurs jours durant à son entreprise en bermuda. Ses supérieurs lui avaient demandé oralement et par écrit de se revêtir d’un pantalon sous sa blouse de sécurité (Chambre sociale, 12 novembre 2008, pourvoi n° 07.42.220).

© Timour Aggiouri – Dossier Familial – juillet-août 2018