Laure Clerc, responsable du marché de la création reprise d’entreprise au Crédit agricole Toulouse 31.

Sur quels critères vous appuyez-vous dans votre décision de financer ou non une entreprise ?

En premier lieu, le porteur de projet. On s’attardera notamment sur son expérience professionnelle, mais aussi sur ses qualités commerciales et humaines, ses facultés à communiquer et à négocier. Nous nous assurerons également qu’il fait preuve de prudence et qu’il n’est pas trop ambitieux. S’il est déjà client du Crédit Agricole Toulouse 31 nous pouvons vérifier qu’il est bon gestionnaire ce qui activera la prise de décision.

Y-a-t-il des distinctions selon les activités ?

Le Crédit Agricole accompagne toutes les activités. En tant que financeur de premier plan, la création d’entreprise est un axe de développement essentiel pour nous mais il faut reconnaître qu’elle compte une part importante de risque. C’est la raison pour laquelle nous avons spécialisé nos conseillers selon la segmentation du marché de la création d’entreprise (professions libérales, professions de santé, agroalimentaire, TPE/PME, restauration …) Cette spécialisation nous permet d’accompagner au mieux les porteurs de projet avec des conseillers qui connaissent bien leur marché, leur activité et comprennent leurs problématiques.

Selon l’activité, l’expérience professionnelle est nécessaire voire obligatoire et un apport est souhaité. Celui-ci varie selon le niveau de risque du projet, et peut représenter entre 10% et 30% de la somme empruntée. Il faut que le porteur de projet soit capable de s’engager à nos côtés. C’est aussi une preuve de sa motivation.

Le business plan est également un élément-clé pour vous ?

Oui c’est même un élément essentiel ! Nous allons le détailler avec lui. Nos conseillers sont formés pour poser des questions précises aux futurs entrepreneurs, afin de vérifier ses qualités : comment a-t-il eu l’idée ? Où veut-il s’implanter ? Avec qui ? Comment ? Qu’en est-il de la concurrence aux alentours ? Qu’est-ce qui le différencie de ses concurrents ? Quelle va être sa stratégie commerciale ? Quels seront ses prix ?  Nous allons nous intéresser à son étude de marché et décortiquer avec lui son plan de trésorerie et son prévisionnel d’activité

Nous souhaitons aider les entrepreneurs à mener à bien leur projet, mais nous voulons aussi nous assurer qu’ils en vivent décemment. Nous faisons face à des prévisionnels parfois ambitieux, mais qui permettent simplement à l’entreprise d’atteindre l’équilibre. Nous mettons les futurs créateurs face à la réalité : que vous restera-t-il pour vivre une fois les charges payées ? Notre métier est de contribuer à développer l’économie locale : créer des entreprises viables, qui pourront créer des emplois, un jour.

Pourquoi êtes-vous attentive au plan de trésorerie ?

Beaucoup de créateurs ont du mal à appréhender la notion de Besoin en Fonds de Roulement (BFR), qui est pourtant la cause de nombreuses défaillances d’entreprises, même à des stades très précoces. Six mois après la création, un entrepreneur peut se retrouver dans une situation désastreuse s’il n’a pas anticipé ses besoins en trésorerie.

Nous revoyons donc cette notion avec lui, même s’il l’a déjà abordée avec son expert-comptable. Nous comparons ses chiffres avec ceux de nos propres clients dans le même secteur d’activité. Nous évoquons ses charges. Il faut qu’il ait conscience qu’au démarrage de son activité, il n’aura que peu de revenus, mais qu’il devra débourser de l’argent pour les frais inhérents à son installation et un éventuel stock.

La banque finance-t-elle ce poste de dépense ?

Le BFR est l’un des éléments clés de la gestion de l’entreprise. Il touche à la dimension « cash » ou trésorerie de l’entreprise et revêt donc une importance particulière. Le BFR peut comprendre plusieurs postes. Par le biais de financements spécifiques, la banque pourra subvenir à ce besoin : financement court terme TVA, financement de stock, affacturage (cession de créances clients) etc. Quand il s’agit de trésorerie pure, le banquier souhaitera généralement que le porteur de projet y affecte une partie de son apport.

Et lorsque le projet manque d’apport, nous l’orientons vers les structures de prêts d’honneur, comme les Plateformes d’Initiative Locale (PFIL) ou vers des organismes permettant le crowdfunding. Dans tous les cas, nous conseillons aux porteurs de projet de se tourner vers les structures d’accompagnement de la création d’entreprise. 

Et de votre côté, est-ce que vous les suivez une fois que vous les avez financés ?

Bien sûr ! Nous avons mis en place un système de suivi des comptes. Nous nous assurons qu’il n’y a pas de dégradations de la relation bancaire et que les résultats correspondent à ce qui avait été envisagé au démarrage. En cas d’alerte, nos conseillers établissent avec les clients un plan d’actions pour rectifier la trajectoire.

Au-delà du financement, que faites-vous pour les accompagner encore plus ?

Ce n’est pas par hasard que le Crédit Agricole détient un quart des parts de marché sur les entreprises. Nous faisons partie des premières banques à avoir accompagné la création d’entreprise et notre expertise dans ce domaine n’est plus à démontrer.

En 2016, le Crédit Agricole Toulouse 31 a financé 2.200 projets (artisans, commerçants et professions libérales) pour un montant de 451 M€ (+54% vs 2015).

Pour aller au-delà de l’accompagnement bancaire, et notamment financier, le Crédit Agricole souhaite avant tout et malgré tout, donner toutes les chances de succès aux créateurs pour accroitre la pérennité de leur entreprise. Nous allons donc lancer très prochainement  « les Cafés de la Création ».

Ce projet consiste à réunir tous les partenaires reconnus sur l’essentiel du champ de la création (juristes, gestionnaires,..), en un point de rencontre récurrent, convivial, informel, simple d’accès, gratuit et ouvert à tous les porteurs de projet (client ou non).

Toute personne ayant un projet à construire ou en cours de construction pourra :

  • bénéficier gratuitement de contacts avec des experts pour des premières informations et conseils
  • faire mûrir son projet et avancer dans l’analyse de son idée.
  • créer son réseau pour se donner le maximum de chances de réussite.

«  Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite » c’était la vision d’Henry Ford, c’est l’intention du Crédit Agricole.

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