Appliquée à l’agroalimentaire, la blockchain, une base infalsifiable de données numériques, permet au consommateur de visualiser la chaîne de production d’une denrée alimentaire au moyen de son smartphone. Illustration avec les volailles fermières d’Auvergne et la filière qualité Carrefour.

Finis les risques de tromperie sur l’origine, la qualité ou encore la composition d’une denrée alimentaire plus ou moins transformée ? Peut-être. C’est en tout cas ce que laisse augurer la technologie blockchain, autrement dit une base de données numériques sécurisée et infalsifiable sur laquelle sont stockées toutes les informations transmises par ses utilisateurs. Appliquée au secteur alimentaire, elle permet à chaque acteur d’une chaîne d’approvisionnement (producteurs, transformateurs et distributeurs) de renseigner les informations de traçabilité qui les concernent et ce pour chaque lot (dates, lieux, bâtiments d’élevage, circuit de distribution, traitement potentiels, etc…), sans que les informations ne puissent être modifiées par l’un ou l’autre acteur.

Au révélateur du smartphone

L’enseigne Carrefour vient d’inaugurer cette technologie sur l’une de ses filières qualité : le poulet d’Auvergne. Concrètement, c’est au moyen de son smartphone que le consommateur va pouvoir consulter la blockchain en scannant le code-barres en deux dimensions (Code QR) apposé sur l’emballage. Il se verra renvoyé sur une page Internet l’informant du lieu et du mode d’élevage, du nom de l’éleveur, de l’alimentation reçue (nourri aux céréales et au soja français, sans OGM…), de l’absence de traitement (sans antibiotique…), des éventuels labels, du lieu d’abattage. Carrefour décrit cette initiative comme une première européenne. L’enseigne compte l’appliquer, d’ici à fin 2018, à d’autres filières animales et végétales : les œufs, le fromage, le lait, l’orange, la tomate, le saumon, le steak haché.

Des bénéfices en chaîne

Les bénéfices de la blockchain appliquée aux filières alimentaires sont nombreux : pour les consommateurs, elle répond à un besoin de transparence de plus en plus grand ; pour les éleveurs, elle leur permet de valoriser leur production et leur savoir-faire ; pour l’enseigne, elle donne l’occasion de partager avec tous ses partenaires une base de données sécurisée et de garantir aux clients une sécurité alimentaire renforcée. Le choix du poulet d’Auvergne n’est pas anodin. En 2016 et 2017, les volailles fermières d’Auvergne s’étaient distinguées par la mise en place d’un Code QR renvoyant à une courte vidéo de l’éleveur producteur de la volaille, en l’occurrence des poulets Label Rouge. La blockchain étoffe le panel d’informations mises à la disposition du consommateur, d’une manière transparente et infalsifiable.

© Raphaël Lecocq – Uni-éditions – avril 2018