On définit généralement une personne de « génie » quand celle-ci a une qualité remarquable, une aptitude supérieure dans un domaine ou qu’il est capable d’entreprendre des choses extraordinaires. Souvent ce talent, ce don, est considéré comme naturel. Si l’on se réfère à la religion romaine, « genius » est une divinité qui se manifeste et qui veille sur chaque individu.

 

Mais le génie est-il inné ? Ou cela passe-t-il par un travail acharné ?

Cette question s’est posée pour Laszlo Polgar, né en 1946 à Gyongyos en Hongrie.

Durant ses années universitaires il s’est posé la question sur l’histoire des génies et a trouvé à chaque fois un point commun à toutes ces personnes : Ils ont tous commencé à l’enfance et étudié intensivement une matière spécifique.

Lors d’une interview en 1992 pour le Washington Post, Laszlo Polgar déclara : « Un génie ne naît pas mais il est éduqué et entrainé… Quand un enfant né en bonne santé, il est potentiellement un génie »

 

En 1965 il rencontra une Ukrainienne du nom de Klara, alors professeure de langue étrangère.  La discussion s’engagea autour de son projet pédagogique qu’il avait alors en tête. Il voulait faire une spécialisation précoce et intensive sur un sujet en étant certain de pouvoir faire de cet enfant un prodige.

Pour cela il avait « besoin » d’une femme prête à l’aider… ce qui arriva avec Klara qui se maria avec lui en 1967.

 

De cette union naquit Susan (1969), Sofia (1974) et Judit (1976).

Laszlo prit à charge leur éducation à domicile sur plusieurs sujets : les langues (Esperanto, Allemand, Russe, Anglais), les mathématiques avancées et les échecs. Ils ont ensuite focalisé leurs efforts sur les échecs car très facile à mesurer.

La famille Polgar au complet

Sofia, la moins performante des trois, obtient le titre de Maitre international en 1990 à 16 ans. Elle atteint la 6ème place mondiale féminine avant d’arrêter les échecs pour se consacrer à la peinture.

Susan apprit les échecs à 4 ans. Rapidement elle domina le tournoi d’échecs des filles de moins de 11 ans de Budapest. Elle obtient le titre de Grand Maître International (GMI) en 1991 à l’âge de 22 ans et devient championne du monde d’échecs féminins de 1996 à 1999. Bien qu’elle soit en retrait des compétitions à partir des années 2000, elle se consacre toujours aux échecs notamment en faisant la promotion du jeu auprès des enfants. Elle fait régulièrement partie des équipes des commentateurs lors des grands tournois, notamment le match de championnat du monde d’échecs de 2013 entre Viswanathan Anand et Magnus Calrsen.

Judit devient quant à elle la meilleure joueuse d’échecs de l’Histoire.

Elle bat le record de précocité de Bobby Fischer (11ème champion du monde de l’Histoire des échecs) à l’obtention du titre de GMI à l’âge de 15 ans et 5 mois contre 15 ans et 6 mois pour Fischer.

Son ascension se poursuit en intégrant le top 10 mondial à l’âge de 19 ans et obtient sa meilleure performance en 2005 avec une 8ème place mondiale derrière des noms de légendes comme Kasparov (champion du monde 1985-2000), Kramnik (champion du monde 2000-2007) ou encore Anand (champion du monde 2007-2013)

 

« J’ai appris de mes parents que l’intelligence n’est pas liée au sexe. […] La tradition pousse plus volontiers les petites filles vers la cuisine ou la nursery. Simple question d’éducation. Par chance, mon père m’a soustraite à cette condition préétablie » Judit Polgar

 

En 1988 Laszlo obtient une reconnaissance nationale et internationale lorsque ses trois filles, âgés de 19, 14 et 12 ans participent aux olympiades d’échecs et remportent le tournoi pour la Hongrie contre l’équipe soviétique, alors considérée comme la meilleure équipe au monde.

Les sœurs Polgar à l’olympiade d’échecs de 1988 avec Garry Kasparov

 

Il est maintenant reconnu comme un théoricien pionnier dans l’éducation des enfants.

 

Bien que l’expérience ait suscité de nombreux débats et polémiques (éducation hors scolaire ; socialisation pauvre des trois filles dans l’enfance ; problème éthique etc.) et qu’on ait annoncé que les trois filles seraient incapables de s’adapter au monde hors échiquéen, elles ont su parfaitement faire leur intégration dans la société.

Hors des échecs par exemple, Judit pratique le ping-pong, le karaté, parle quatre langues couramment en plus du Hongrois (Anglais, Russe, Espagnol et l’Espéranto). Elle est mariée à un vétérinaire hongrois et donna naissance à deux enfants, Oliver et Hanna.

Susan quant à elle parle Anglais, Français, Allemand, Hébreu, Russe, Espagnol et l’Espéranto. Elle est mariée à un joueur d’échecs et vit maintenant à St-Louis dans l’Etat du Missouri aux Etats-Unis.

Enfin Sofia a épousé en 1999 un GMI Israélien avec qui elle vit en Israël. Elle a deux enfants : Allon et Yoav.

 

Les trois femmes gardent aujourd’hui un bon souvenir de leur enfance et ne souffrent d’aucun problème psychologie, ce qui peut être le cas de certain enfant prodige.

 

Laszlo a une licence en philosophie et une seconde licence en psychologie et pédagogie.

Il est titulaire d’un doctorat en pédagogie. Il a rédigé et soutenu sa thèse sur la formation des dons et de la pédagogie des échecs.

Il a publié, entre autres, « Comment élever un génie » en 1989 et plusieurs ouvrages sur les échecs qui sont aujourd’hui des références pour l’apprentissage du jeu.

 

« On ne naît pas génie, on le devient » Laszlo Polgar

 

Sources :

 

Article rédigé par le Club Wo&Men du Crédit Agricole Toulouse 31

 

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