Le gouvernement a annoncé, en septembre, un plan de mesures en faveur des PME, visant à accélérer la transition numérique dans l’industrie.

L’industrie française accuse du retard dans le domaine des technologies numériques. Un exemple ? Alors que le taux d’équipement est de 132 robots pour 10 000 salariés en France, il s’élève à 185 en Italie et à 309 en Allemagne.

Pour renforcer la compétitivité de la filière, le gouvernement a annoncé en septembre un plan de mesures, doté d’une enveloppe de 500 millions d’euros, visant à accélérer la transition numérique dans le secteur, en particulier des PME industrielles, dont le retard dans ce domaine est plus marqué que dans les ETI et les grandes entreprises.

Une prime à l’investissement

Afin d’inciter les PME à investir dans le numérique, un dispositif de suramortissement des investissements, inspiré de celui qui avait mis en place en 2015, sera mis en place le 1er janvier prochain. D’une durée de 2 ans, donc jusqu’au 31 décembre 2020, ce mécanisme permettra aux entreprises de déduire de leur résultat imposable jusqu’à 40 % du prix de revient des biens acquis, en sus de l’amortissement usuel de droit commun. Pour un investissement de 100 000 €, l’économie d’impôt sera d’environ 11 200 € selon le gouvernement. Cette mesure concernera les investissements en lien avec la robotisation et la transition numérique.

Autre priorité : l’accompagnement. Depuis 2014, les régions, ainsi que certaines filières, proposent des programmes d’accompagnement à l’intention des PME sur le thème de l’industrie du futur. À ce jour, 5 200 PME industrielles en ont bénéficié. Le gouvernement va débloquer 80 millions d’euros pour mobiliser 10 000 offres d’accompagnement supplémentaires, axées sur la maîtrise des technologies de l’industrie du futur et la modernisation des usines, d’ici 2022.

Doter les filières de plateformes numériques

Enfin, le gouvernement va débloquer 70 millions d’euros pour aider les filières industrielles à développer des plateformes numériques, visant à renforcer leur compétitivité. Aujourd’hui, seuls l’aéronautique et l’automobile possèdent ce type d’outil. Chaque filière définira ses propres priorités. Dans la filière alimentaire, cette plateforme pourrait notamment servir à la gestion des approvisionnements et la traçabilité des produits. Dans l’industrie navale, où les projets industriels fédèrent de multiples acteurs, elle pourrait faire office de support de travail collaboratif. Dans la construction, à développer le BIM (Building Information Modeling ou maquette numérique). L’objectif est de finaliser un contrat d’engagement avec chaque filière d’ici la fin de l’année.

 

© Thibault Bertrand – Uni-médias – novembre 2018